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L’ATILF accueille un Escape Game sur l’enseignement dans le supérieur

Quinze doctorants de 3ème année avec mission d’enseignement ont développé un Escape Game durant leur formation au « Projet Pédagogique Tutoré » avec Dominique Macaire, professeure, membre du laboratoire ATILF, équipe didactique des langues et sociolinguistique. Le jeu s’est déroulé dans les locaux du laboratoire. La formation aborde des questions vives en situation d’enseignement à l’université choisies par les DCCE eux-mêmes qui mènent en groupes pluridisciplinaires une réflexion distanciée et partagée.

 

Les doctorants de l’un des groupes ont retenu la question « Que savez-vous de l’évaluation ?  » qu’ils ont fait expérimenter dans la bonne humeur à leurs collègues. Ils se sont appuyés sur leurs cours de pédagogie de 1ère année qu’ils ont interrogés avec le regard de leur expérience de 3 ans d’enseignement en cours magistraux (CM), travaux dirigés (TD) ou travaux pratiques (TP) et des lectures de référence sur le sujet. Cette restitution a permis à chacun de mettre en cohérence d’une part des savoirs théoriques et des connaissances, d’autre part des pratiques professionnelles acquises en formation, et enfin des expériences menées en cours par les doctorants. Les trois niveaux sont utiles pour un enseignant-chercheur dans la dimension enseignement à l’université. Les méthodologies de recherche des diverses Écoles doctorales ont été convoquées et partagées pour ce projet. Enfin, la créativité et l’inventivité ont joué un rôle non négligeable.

 

Un groupe de 5 doctorants a choisi de présenter le sujet de l’évaluation en attirant la réflexion des autres doctorants sur la base de quelques indicateurs :
- L’hypothèse de départ est que l’intelligence collective peut résoudre bien des embûches dans la professionnalisation de l’enseignant-chercheur, notamment en remettant au centre du processus le trait d’union entre ces deux facettes de la profession.
- L’hypothèse suivante est que chercher, se questionner à plusieurs est un ferment de changement, de découvertes et parfois d’innovation. Se donner le droit de ne pas savoir, de s’interpeller et d’être dans des ajustements et des prises de risque est nécessaire à ce que l’on appelait avant un « métier ».
- La dernière hypothèse est que le gaming et l’humour peuvent contribuer à une clarification de concepts pour peu que (ou à condition que …) l’on s’appuie sur l’expérientiel des participants. Les savoirs théoriques utiles pour et à enseigner, les savoirs d’expérience issus de la pratique de chacun et les savoirs pratiques sont convoqués avec un statut équilibré entre eux.
Durant trois quart d’heure, les doctorants ont joué en abordant la question de l’évaluation repérée comme un objet de recherche à fort enjeu local pour les jeunes doctorants en situation d’enseignement.

 

Le second groupe s’est intéressé à l’inclusion à l’université des étudiants d’origine étrangère et ne parlant pas ou peu français. Ce sujet hautement actuel a largement occupé les étudiants et a fait remonter de petits pas pour faire de plus grands pas ensuite dans la cohésion à l’Université. On peut voir que les propositions ne sont pas toutes liées à la langue, même si celle-ci est interrogée en tant qu’objet de savoir et béquille pour la réussite estudiantine. 7 séquences ont successivement exploré les difficultés rencontrées par plusieurs étudiants étrangers. Aucune modélisation donc, des expériences, du vécu individuel, des possibles… (suite à une enquête de terrain). Les doctorants ont monté un sketch accompagné de diapos en situation. La première séquence par exemple propose de commencer par l’accueil : un étudiant parlant français mais pas forcément d’autres langues, est dépêché à la gare pour accueillir les étudiants non francophones. L’arrivée à la gare propose une situation pour un togolais qui cherche la résidence universitaire. La seconde personne vient d’Allemagne et cherche le campus sciences ; l’étudiant local utilise les gestes, répète et dit « Bonne chance ! » en fin d’entretien. La personne suivante parle anglais et vient d’Iran. Au fil des entretiens, l’étudiant local se limite à des mots-clés, des mots transparents (Tramway one, credit card…) La difficulté demeure. Il finit par « Welcome to France ». La seconde situation porte sur une sortie dans un bar pour l’intégration des étudiants. Les étudiants étrangers précédents se rencontrent avec une étudiante locale. Le togolais traduit en anglais pour que l’étudiante locale comprenne ce qui se passe. Le barman arrive mais ne parle pas anglais. La difficulté est de choisir une bière pression ou bouteille, de petite taille. Au fil des situations des stratégies d’intercompréhension pour l‘échange se mettent en place. La troisième situation est celle d’un CM sur la résistance des matériaux. L’un des étudiants cherche les mots dans un dictionnaire, les autres s’identifient. Le professeur va expliquer, donner des schémas et finit par « Il va falloir suivre ! ». Les 4 sollicitations des matériaux sont expliquées par schémas et gestes. L’enseignant adapte en situation, en direct pour aider à la compréhension. Le simple fait qu’il accorde de l’importance aux étudiants en prenant en compte leur difficulté linguistique constitue une aide. Vient ensuite une situation à la bibliothèque. Des étudiants se questionnent sur ce qu’ils doivent apprendre. Il s’avère que le lexique anglais de spécialité leur pose problème. L’épreuve du TD arrive enfin pour les étudiants étrangers. L’enseignant a préparé les mots-clés en anglais, un schéma et une adaptation de l’activité en anglais. L’enseignant propose de passer dans les tandems constitués d’un étudiant français et d’un étudiant étranger. Il est plus facile d’adapter le support du TD Que celui du CM. Quant aux étudiants du cours, ils fonctionnent en groupe d’entraide. Le dernier sketch porte sur un exposé oral : « la conception d’une charpente ». Toutes ces situations existent et sont porteuses de prise en compte de la diversité notamment linguistique et culturelle qui peut faire sens dans la richesse d’une université. Le débat entre les doctorants pointe les compétences en jeu de leur côté lorsqu’ils enseignent, leur rôle au sein de l’institution.

 

Le troisième groupe de doctorants propose une approche comparative de postures d’enseignement endossées par un ATER, un enseignant-chercheur confirmé et un jeune MCF. Si la caricature permet d’approcher des réalités diverses, c’est pour identifier des rôles et des statuts qui induisent quelques pratiques et en fossilisent d’autres. L’approche se joue sous forme de saynètes brèves de cabaret satirique. La créativité est utilisée pour accompagner la réflexion menée. Les étudiants montrent leurs réactions aux divers types d’enseignement sollicité. Cela permet de voir leurs difficultés (compréhension de termes clés, rapidité des exposés, liens entre le cours tel qu’il est dit et le cours lu, etc. La centration sur l’étudiant en relation avec l’objet de savoir est ainsi mise en avant. Le public est sollicité également.

 

Un telle formation sollicite les connaissances, les savoirs d’expérience et les personnes en devenir professionnel. Elle recentre les deux versants de l’enseignement et de la recherche en une période de fin de thèse où les choix sont cruciaux et la lisibilité épistémologique est parfois soumise à des tensions de réussite, d’emploi, d’avenir, etc.

 

Dernière mise à jour : 26/03/2019 | LG © Service communication ATILF
Source : Dominique Macaire
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