laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
CNRS Université de Lorraine

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ILF
FEDER

Projets et actions

1. Projet de dictionnaire des « actes de langage stéréotypés » (ALS)

2. Projet de dictionnaire français-allemand des « mots du discours »

3. Projet « Corpus parallèles »

4. Revue « Nouveaux Cahiers d’Allemand »


1. Projet de dictionnaire des ALS « Actes de langage stéréotypés » (responsable M. Kauffer)

Ce projet phraséologique a comme objectif la création d’un dictionnaire bilingue phraséologique des actes de langage stéréotypés (ALS). Les dictionnaires phraséologiques bilingues étant en général de piètre qualité, car peu complets, approximatifs et élaborés selon des critères peu scientifiques, celui-ci aura une plus grande exigence de qualité scientifique. Ce dictionnaire des ALS sera par conséquent :
- un dictionnaire bilingue (français/allemand pour le moment, mais on peut envisager d’y intégrer par la suite d’autres langues),
- un dictionnaire des actes de langage stéréotypés (stereotype Sprechakte), à savoir des phraséologismes qui ont les critères suivants : valeur d’énoncé, caractère idiomatique (non-compositionnalité du sens) et enfin fonction essentiellement pragmatique. En effet, un ALS est en général une réaction à un « état de choses » et peut exprimer regret, étonnement, menace, doute, désapprobation etc.,
- un dictionnaire contextuel : avec non seulement des exemples authentiques pour chaque ALS, mais aussi des traductions authentiques des ALS et de leur cotexte dans l’autre langue,
- un dictionnaire basé sur corpus : utilisation de corpus de textes (Frantext, Marges, corpus de l’Institut für Deutsche Sprache à Mannheim, e-books, etc.), de « corpus parallèles » de textes français et allemands du GLFA en cours de constitution (voir projet « corpus parallèles »), de dictionnaires électroniques (TLFi, DWDS, etc.) pour les exemples authentiques français et allemands et leurs traductions. On se basera également sur l’expérience lexicographique résultant de l’élaboration du dictionnaire des Invariables difficiles et du Wörterbuch deutscher Partikeln (R. Métrich, E. Faucher) et du dictionnaire électronique de phraséologie Lexitec (coordonné par M. Kauffer).
Quelques exemples d’ALS : "la belle affaire", "tu parles", "ben voyons", "allons donc", "attends voir", "das ist die Höhe", "sieh mal einer an", "denkste", "wennschon dennschon".
L’ensemble des membres du GLFA participe à ce projet, avec en outre la collaboration de Caroline Pernot (membre associé de l’ATILF à l’université de Lorraine-Metz), de Heinz-Helmut Lüger (professeur de romanistique à l’Université de Koblenz-Landau), de Martina Drescher (professeur de romanistique à l’Université de Bayreuth), Ramona Pech et Katrin Pfadenhauer (Université de Bayreuth, RFA).
Le travail réalisé jusqu’à présent a permis de collecter les ALS en français et en allemand (plus de 400 dans chaque langue), de définir la macrostructure, de mettre au point un modèle de microstructure et de rédiger les premières microstructures (une dizaine de pages chacune en moyenne) avec contextes bilingues et traductions.
Ce projet a permis également d’organiser chaque année un workshop d’initiation à la recherche, alternativement à Nancy-Metz (2013, 2015) et Bayreuth (2014, 2016) (voir rubrique "Actualités").
Le GLFA a également organisé les 11-12 décembre 2014 à l’ATILF un colloque international de phraséologie (voir "actualités"). Les actes seront publiés chez Stauffenburg (Tübingen). Une journée d’étude a également été organisée à l’ATILF le 7 octobre 2016 sur "Pragmatèmes, formules de routine, actes de langage stéréotypés et autres phraséologismes" (voir "actualités").


2. Projet de dictionnaire français-allemand des mots du discours (resp. : René Métrich).

Projet réalisé en collaboration avec le professeur Jörn ALBRECHT, ex-directeur de l’Institut de Traduction et d’Interprétariat de l’Université de Heidelberg.
Le projet consiste en la réalisation d’un dictionnaire électronique français-allemand d’un certain nombre d’éléments généralement rangés sous la notion générale de mots du discours (ou encore de particules énonciatives). L’objectif est de mettre à la disposition des germanistes francophones et des romanistes germanophones, des enseignants et des étudiants avancés ainsi que des linguistes un outil de compréhension, d’enseignement et de traduction de ces éléments réputés difficiles.
Beaucoup de ces mots ont déjà fait l’objet de recherches linguistiques, mais le plus souvent dans le cadre de problématiques plus larges, notamment argumentatives ou discursives. La plupart s’adressent exclusivement aux linguistes et supposent la maîtrise d’outils théoriques spécifiques. Notre projet vise à proposer une description intelligible au non spécialiste et aussi « exhaustive » que possible. De façon schématique on pourrait dire qu’il vise à être une sorte de « TLFi » des mots du discours, type de mots sur lesquels le TLF est généralement assez faible (cf. le traitement réservé à des éléments comme écoute ou remarque).
Ce projet touche à la pragmatique, à la lexicographie bilingue ainsi qu’à la traductologie. Il fait suite à un premier dictionnaire, allemand-français, réalisé de 1990 à 2002 et publié en 4 tomes sous le titre Les Invariables Difficiles, d’un volume total de près de 1500 pages.


3. Projet « Corpus parallèles » (resp. Maurice Kauffer pour la partie linguistique et l’équipe de soutien à la recherche de l’ATILF pour la partie informatique)

Le GLFA a pris l’initiative début 2009 de lancer un projet de phraséographie visant à constituer un dictionnaire des « actes de langage stéréotypés » (= ALS). Il s’agit d’un dictionnaire bilingue (français/allemand), ayant pour objet les actes de langage stéréotypés, mais également contextuel et basé sur corpus (cf ci-dessus). La constitution d’un corpus est donc un point particulièrement important de ce projet. Or le GLFA dispose d’un corpus bilingue de 466 textes français et allemands, essentiellement des œuvres littéraires originales et leurs traductions, constitué depuis 1990 par les germanistes du GLFA (avec l’aide de leurs étudiants de maîtrise et de quelques personnes extérieures). Grâce au premier projet « Corpus parallèles » (2007-2010), 130 textes ont été relus, corrigés et munis d’une fiche TEI de métadonnées utiles pour les étapes ultérieures de traitement et d’exploitation du corpus (conversion, alignement, annotation linguistique, création d’une interface de recherche) : données bibliographiques de description des œuvres et de leur traduction, paginations et leurs projections, paragraphes etc. Plusieurs projets internes ont permis de standardiser et harmoniser le corpus de bi-textes et de le munir de métadonnées complètes pour qu’il soit facilement exploitable par des concordanciers. Des extensions régulières du corpus ont eu lieu grâce à la numérisation de nombreux bi-textes français et allemands. Un espace de travail en ligne facilite également les travaux du GLFA.
Il s’agira par la suite de procéder à l’alignement bilingue de ces textes et de leurs traductions dans le cadre des ressources informatiques existantes, c’est-à-dire d’intégrer ces textes dans un concordancier bilingue.

Ce corpus répondra aux objectifs suivants :
- mettre à disposition des participants du projet ALS un moyen performant et rapide d’interrogation du corpus de textes afin d’en extraire les occurrences d’ALS en contexte et leurs traductions, ce qui est essentiel pour un dictionnaire qui se veut être bilingue et contextuel. Cela constituera un gain de temps très appréciable par rapport à la recherche successive des occurrences dans un texte puis dans sa traduction (recherche utilisant pour le moment le concordancier Microconcord)
- mettre ainsi ce corpus à la disposition d’autres projets du GLFA, en particulier le dictionnaire français-allemand des mots du discours actuellement en cours d’élaboration sous la direction de René Métrich.
- mettre ce corpus à la disposition de l’ensemble des membres de la communauté scientifique (ATILF et « extérieurs ») qui pourront l’interroger, bien sûr dans le respect des droits d’auteur existants.


4. Revue « Nouveaux Cahiers d’Allemand » (responsable René Métrich)

Les Nouveaux Cahiers d’Allemand (1983 sq) sont un trimestriel de linguistique et de didactique dont la responsabilité rédactionnelle incomba jusqu’en 2012 au fondateur du Groupe lexicographique, ancêtre immédiat du Groupe de lexicographie franco-allemande de l’ATILF, et, depuis lors, à Mme Schneider-Mizony, professeur à l’Université de Strasbourg. Son originalité dans le paysage des périodiques de linguistique allemande tient au fait qu’il est la seule revue universitaire française œuvrant à la promotion de l’acquisition immersive et précoce de l’allemand, y compris dans sa variante orale dans le quart nord-est de la France, en milieu scolaire et pré-scolaire. En découle une collaboration avec le Centre de Recherches et d’Applications Pédagogiques en Langues (CRAPEL) de l’Université Nancy 2 intégré au sein de l’UMR 7118 ATILF dont plusieurs membres ont publié dans les NCA, et dont l’apport rédactionnel aux prochains sommaires devrait connaître une croissance significative, depuis l’accession d’une germaniste à la tête de cette composante. Les lecteurs de la revue sont en majorité des professeurs d’allemand des enseignements primaire et secondaire désireux d’optimiser leurs pratiques et légitimement préoccupés par l’avenir de leur discipline que menace la désaffection des familles. Comme les animateurs de la revue sont lexicographes, ils exploitent la liste des composés nominaux français établie par les ingénieurs de l’ATILF pendant la rédaction du TLF aux fins d’une chronique régulière des NCA consacrée à la traduction allemande de ces composés. La réactivité de la revue (une proposition d’article est examinée dans la semaine qui suit sa réception ; si l’article est accepté, il est publié dans le trimestre qui suit) permet aux membres du Groupe de lexicographie de publier sans attendre le résultat même provisoire de leurs recherches. La dictionnairique ayant conduit l’équipe à se familiariser avec l’outil informatique dès les années 80, la Rédaction a répondu avec empressement à l’offre du Centre d’Édition Numérique Scientifique du CNRS - CENS (UMS2894) tendant à ce que la revue serve de test en vue du portage web des revues CNRS. Les deux premiers numéros de 2005 ont été ainsi câblés sous format pdf et rtf à l’adresse du CENS. Fondée en 1983, la Revue prépare à présent une mise en ligne. Sa survie, malgré la baisse des effectifs en germanistique, résulte de la fidélité de ses abonnés, meilleure preuve que ces 500 pages annuelles répondent à un besoin qui les légitime. Les dernières inflexions de sa ligne rédactionnelle l’ont conduite à s’ouvrir à des contributeurs issus de la diversité non germanistique : Maroc, Italie, Japon, Pologne, Chine.

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